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Moyens terrestres · SDIS

Sapeurs-pompiers (SDIS) : l’épine dorsale du secours

Environ 253 000 sapeurs-pompiers, 97 services départementaux d’incendie et de secours, 4,75 millions d’interventions par an — une sortie toutes les 6,6 secondes. On filme les Canadair, on photographie les hélicoptères ; mais aucun feu de forêt ne s’éteint sans eux : les équipages au sol, lance en main, au plus près des flammes.

7 min de lecture Contenu vérifié — juillet 2026

L’essentiel

  • ≈ 253 000 sapeurs-pompiers en France, dont près de 80 % de volontaires — un modèle unique au monde.
  • 97 SDIS maillent le territoire, appuyés par les unités militaires de Paris et de Marseille.
  • 4,75 millions d’interventions par an, une toutes les 6,6 secondes — le secours à la personne en représente ≈ 87 %.
  • Sur les feux, l’unité tactique est le GIFF : 4 camions-citernes et un véhicule de commandement, une vingtaine de sapeurs-pompiers.
  • Quand un département est débordé, les colonnes de renfort convergent : plus de 3 000 pompiers simultanés en Gironde à l’été 2022.
≈ 253 000
Sapeurs-pompiers en France
97
SDIS sur le territoire
4,75 M
Interventions par an
≈ 80 %
De volontaires

Un modèle de secours unique au monde

Le système français de secours repose sur une singularité que beaucoup de pays nous envient : le volontariat de masse. Près de huit sapeurs-pompiers sur dix ne sont pas des professionnels — des femmes et des hommes qui exercent un autre métier et s’engagent, en parallèle, pour porter secours à leurs concitoyens.

Cette force humaine est immense : environ 253 000 sapeurs-pompiers, près de 4,75 millions d’interventions par an — une sortie toutes les 6,6 secondes — et de l’ordre de 20 millions d’appels reçus chaque année au 18 et au 112. Mais ce modèle, salué pour sa performance, est aussi décrit comme sous pression : la sollicitation augmente plus vite que les effectifs, et fidéliser les volontaires est devenu une question de sécurité nationale, régulièrement portée devant le Parlement.

Sur les feux de forêt, cette réalité prend tout son sens : quand un incendie se déclare, ce sont ces femmes et ces hommes — souvent volontaires — qui montent les premiers au contact des flammes, et qui y restent longtemps après le départ des caméras.

Les quatre visages des sapeurs-pompiers

Derrière l’uniforme se cachent des statuts très différents, complémentaires les uns des autres.

Volontaires (SPV) — le socle

Près de 80 % des effectifs, soit plus de 200 000 femmes et hommes. Ils exercent un autre métier et s’engagent en parallèle, contre une indemnité horaire. Sans eux, le modèle français s’effondrerait.

Professionnels (SPP)

Environ 44 000 fonctionnaires territoriaux dont c’est le métier. Ils arment notamment les casernes des zones les plus denses et les plus sollicitées.

Militaires (BSPP et BMPM)

Environ 13 000 sapeurs-pompiers militaires : la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris et le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, qui assurent le secours dans ces deux métropoles.

Jeunes sapeurs-pompiers (JSP)

Plus de 27 000 jeunes de 11 à 18 ans découvrent le métier, ses valeurs et ses techniques : la pépinière qui prépare la relève des volontaires de demain.

Du 18 au terrain : comment s’organisent les secours

Derrière chaque intervention, il y a une organisation rodée, structurée à l’échelle du département.

Le SDIS, l’échelon départemental

Chaque département dispose d’un service départemental d’incendie et de secours : l’établissement public qui emploie les sapeurs-pompiers, gère les véhicules — dont les CCF — et organise la couverture du territoire. La France en compte 97.

Le CTA-CODIS, le cerveau

Composer le 18 ou le 112, c’est joindre le CTA-CODIS : le centre qui traite l’alerte et engage les moyens. C’est lui qui décide quels véhicules partent, et qui suit chaque intervention en temps réel.

Les centres d’incendie et de secours

Le territoire est maillé de casernes — les centres d’incendie et de secours (CIS) — qui permettent d’arriver vite, partout. L’exact opposé d’une force concentrée en quelques points.

La solidarité nationale

Quand un département est dépassé, les autres viennent l’aider : les colonnes de renfort font converger équipages et véhicules de toute la France vers la zone sinistrée.

Le quotidien : bien plus que le feu

Contrairement à l’image d’Épinal, les sapeurs-pompiers passent l’essentiel de leur temps loin des flammes. Sur les 4,75 millions d’interventions annuelles, le secours à la personne représente près de 87 % de l’activité : malaises, accidents, détresses vitales. Les incendies — tous types confondus, feux de forêt compris — ne pèsent qu’environ 9 % des sorties.

Mais ces 9 % comptent parmi les interventions les plus exigeantes : elles mobilisent beaucoup d’hommes, beaucoup de matériel, et s’étalent parfois sur plusieurs jours. Un secours à victime occupe en moyenne trois sapeurs-pompiers pendant moins d’une heure et demie ; un grand feu de forêt, lui, peut immobiliser des centaines d’agents pendant une semaine.

Sur les feux de forêt : le GIFF et les colonnes de renfort

Face à un feu de forêt, les sapeurs-pompiers combattent en unités constituées. La brique de base est le GIFF — groupe d’intervention feux de forêt : quatre camions-citernes feux de forêt et un véhicule de commandement, soit une vingtaine de sapeurs-pompiers formés au feu en espace naturel, qui progressent en colonne coordonnée. Pour les départs rapides, certains SDIS déploient aussi des modules légers, conçus pour frapper vite sur un feu naissant.

Quand l’incendie dépasse les moyens d’un département, la solidarité nationale prend le relais. À l’été 2022, les méga-feux de Gironde ont mobilisé plus de 3 000 sapeurs-pompiers simultanément, renforcés par des colonnes venues de toute la France ; à l’été 2025, le feu de l’Aude — « l’ogre des Corbières », plus de 17 000 hectares — a encore réuni plus de 2 100 sapeurs-pompiers issus de 80 % des départements. En juillet 2026, le feu majeur de Lacanau, en Gironde, mobilise de nouveau des colonnes de renfort venues d’autres départements.

Ce dispositif terrestre se synchronise en permanence avec les avions bombardiers d’eau, les hélicoptères et, quand l’ampleur l’exige, avec les sapeurs-sauveteurs des ForMiSC. Le ciel ralentit le feu ; le sol l’éteint vraiment — et le sol, ce sont eux.

GIFF ou colonne de renfort ? Deux échelles d’engagement

GIFF — l’unité tactique

  • 4 CCF + 1 véhicule de commandement
  • Une vingtaine de sapeurs-pompiers
  • Engagé en quelques minutes dans son département
  • Mission : attaquer le feu, défendre les points sensibles
  • Échelle : le secteur d’un chantier

Colonne de renfort — la solidarité nationale

  • Plusieurs GIFF + commandement + logistique
  • Envoyée d’un département vers un autre
  • Préconstituée, projetable sur de longues distances
  • Mission : masser et relever les moyens dans la durée
  • Échelle : le grand feu qui déborde un département

Les sapeurs-pompiers de France en chiffres

Effectif total≈ 253 000 sapeurs-pompiers
Sapeurs-pompiers volontairesPlus de 200 000 (près de 80 % des effectifs)
Sapeurs-pompiers professionnels≈ 44 000
Sapeurs-pompiers militaires≈ 13 000 (Brigade de Paris, Bataillon de Marseille)
Jeunes sapeurs-pompiersPlus de 27 000
Personnels administratifs et techniques≈ 11 800
Services départementaux d’incendie et de secours97 SDIS
Interventions annuelles≈ 4,75 millions — une toutes les 6,6 secondes
Part du secours à la personne≈ 87 % des interventions
Part des incendies≈ 9 % des interventions
Unité tactique feux de forêtGIFF — 4 CCF + véhicule de commandement (≈ 20 sapeurs-pompiers)
Numéros d’urgence18 (pompiers) et 112 (numéro européen)

Questions fréquentes sur les sapeurs-pompiers

SDIS signifie service départemental d’incendie et de secours : l’établissement public qui organise les sapeurs-pompiers à l’échelle d’un département — recrutement, casernes, véhicules, coordination des interventions. La France en compte 97, auxquels s’ajoutent les unités militaires de Paris (BSPP) et de Marseille (BMPM).
Environ 253 000 sapeurs-pompiers, dont près de 8 sur 10 sont des volontaires. S’y ajoutent les sapeurs-pompiers professionnels, les sapeurs-pompiers militaires de Paris et de Marseille, et plus de 27 000 jeunes sapeurs-pompiers en formation.
Le sapeur-pompier volontaire (SPV) exerce un autre métier et s’engage en parallèle, contre une indemnité. Le sapeur-pompier professionnel (SPP) est un fonctionnaire territorial dont c’est le métier. Les deux suivent les mêmes formations opérationnelles et interviennent côte à côte.
Le groupe d’intervention feux de forêt est l’unité tactique de base de la lutte terrestre : quatre camions-citernes feux de forêt (CCF) et un véhicule de commandement, soit une vingtaine de sapeurs-pompiers spécifiquement formés. Sur les grands feux, plusieurs GIFF s’assemblent en colonnes.
C’est un détachement de sapeurs-pompiers et de véhicules envoyé par un département pour aider un autre département confronté à un grand feu. Lors des incendies majeurs — comme en Gironde à l’été 2022, où plus de 3 000 pompiers ont été engagés simultanément —, des colonnes venues de toute la France convergent vers la zone sinistrée.
Non, loin de là. Le secours à la personne représente près de 87 % de leur activité. Les incendies, dont les feux de forêt, ne constituent qu’environ 9 % des interventions — mais ce sont parmi les plus exigeantes en moyens et en durée.
On peut s’engager comme sapeur-pompier volontaire auprès de son SDIS, dès 16 ans avec autorisation parentale, ou devenir sapeur-pompier professionnel par concours. Les jeunes de 11 à 18 ans peuvent rejoindre une section de jeunes sapeurs-pompiers pour découvrir le métier.

Ces moyens, suivez-les en direct.

Avions et hélicoptères en vol, feux en cours, vigilance du jour : les cartes temps réel de Feux de Forêt relient chaque fiche de cet espace à la réalité du terrain. Et si vous êtes témoin d’un départ de feu, appelez le 112 avant tout.