Pendant l’incendie
Surpris par un feu de forêt en voiture : les bons réflexes
Fumée qui traverse la route, flammes en contrebas, bouchon au milieu de la garrigue : sur la route des vacances, le feu surprend vite. Contrairement à une idée répandue, l’habitacle protège — à condition d’appliquer une séquence précise. La voici.
L’essentiel
- Ne traversez JAMAIS un rideau de fumée : demi-tour calme dès les premiers signes, ou arrêt au bon endroit.
- Si le feu est là : on s’arrête en zone dégagée, loin de la végétation, phares et warnings allumés, moteur coupé mais clé sur le contact.
- Tout fermé : vitres, aérations, ventilation en circuit fermé puis coupée.
- On reste DANS l’habitacle sous le niveau des vitres, le passage du front dure quelques minutes — un réservoir n’explose pas comme au cinéma.
- On ne reprend la route qu’après le passage complet du front, vers la zone déjà brûlée.
D’abord : ne pas se retrouver dans cette situation
- Avant un trajet estival en zone à risque, un œil sur la vigilance et les feux en cours. Un détour de 20 km vaut mieux qu’un face-à-face avec un front de flammes.
- Sur place, respectez les fermetures de routes et de massifs : elles anticipent la propagation, pas seulement le feu actuel.
- De la fumée traverse la route au loin ? Demi-tour posé dès que possible. La visibilité passe de 100 m à zéro en quelques secondes, et derrière la fumée il y a parfois le feu.
La séquence si le feu vous surprend
Choisir où s’arrêter
La zone la plus dégagée possible : parking, aire, champ ras, large accotement minéral — loin des arbres, des broussailles et si possible des autres véhicules. Ne vous arrêtez jamais dans une trouée de fumée où l’on peut vous percuter.
Se rendre visible
Feux de croisement, warnings, restez sur la chaussée praticable pour les secours mais visible des autres conducteurs. Moteur coupé (l’admission d’air aspirerait fumées et braises), clé au contact.
Étanchéifier l’habitacle
Vitres remontées, toit ouvrant fermé, ventilation en recyclage puis coupée, aérateurs fermés. Un linge (même sec, mieux : humide) sur le nez et la bouche de chacun.
S’abaisser et attendre
Descendez sous le niveau des vitres — le rayonnement passe par le verre — et couvrez-vous de vêtements ou d’une couverture en fibres naturelles. Le front passe en 2 à 5 minutes : l’habitacle, lui, tient. Les réservoirs modernes n’explosent pas spontanément au passage d’un front de flammes ; les pneus peuvent éclater — c’est impressionnant, pas mortel.
Alerter
Pendant l’attente : 112 avec votre position (l’appel d’urgence transmet vos coordonnées), nombre de personnes, description. Si le réseau sature, SMS au 114.
Repartir du bon côté
Quand les flammes sont passées et la visibilité revenue : repartez vers la zone déjà brûlée (le feu n’y reviendra pas), au pas, phares allumés. Signalez-vous aux premiers secours rencontrés.
Faut-il quitter la voiture ?
Deux cas seulement :
- Un refuge en dur est à portée immédiate (bâtiment, ouvrage béton, grand parking minéral) : rejoignez-le calmement AVANT l’arrivée du front, pas pendant.
- Le véhicule est directement au contact des flammes (arrêté dans la végétation qui brûle) : sortez côté opposé au feu, gagnez la zone déjà brûlée ou l’axe bitumé, courbé, visage protégé.
Dans tous les autres cas, l’habitacle est plus sûr que la fuite à pied. Les victimes en voiture le sont presque toujours pour avoir roulé dans la fumée ou fui à pied — pas pour être restées à l’arrêt au bon endroit.
Le risque évolue chaque jour. Vos réflexes aussi.
Consultez la vigilance de votre département, suivez les feux en cours et signalez un départ de feu depuis l’application mobile Feux de Forêt.
