Pendant l’incendie
Personnes vulnérables face au feu : anticiper et aider
Personnes âgées ou isolées, situations de handicap, jeunes enfants, malades chroniques : ce sont eux que les crises frappent d’abord — parce que l’alerte ne leur parvient pas, ou parce qu’évacuer leur demande dix fois plus de temps. L’essentiel se joue en anticipation et en voisinage.
L’essentiel
- Inscrivez vos proches fragiles au registre communal des personnes vulnérables (mairie) : les secours l’utilisent pour cibler le porte-à-porte.
- FR-Alert ne suffit pas pour tous : convenez d’un relais humain (voisin, famille) qui vérifie ET aide.
- Kit 72 h adapté : ordonnances, médicaments pour 7 jours, matériel (lunettes, appareils auditifs + piles, batterie de fauteuil…).
- En établissement (EHPAD, camping…) : le plan d’évacuation existe — renseignez-vous AVANT la saison.
- Le 114 (SMS/visio) est le canal d’urgence des personnes sourdes et malentendantes.
Pourquoi l’anticipation est vitale
Dans tous les grands feux, le schéma se répète : les victimes sont surreprésentées parmi les personnes âgées, isolées ou à mobilité réduite. Les causes sont concrètes : téléphone éteint ou non compatible avec l’alerte, sirène non entendue, impossibilité de fermer seul les volets, évacuation qui demande 45 minutes quand le feu en laisse 10. Chacun de ces obstacles a une parade — à mettre en place avant l’été.
Le registre communal : le réflexe méconnu
Chaque commune tient un registre nominatif des personnes vulnérables (créé pour les canicules, utilisé pour toutes les crises). Y inscrire un proche âgé, handicapé ou isolé — démarche gratuite, sur simple demande à la mairie, par la personne elle-même ou un tiers — c’est garantir que les secours et la commune pensent à lui lors d’une alerte : appel, porte-à-porte, aide à l’évacuation. Si vos parents vieillissent près d’un massif, c’est l’appel de 5 minutes le plus utile de l’année.
Adapter les réflexes à chaque situation
- Alerte doublée : FR-Alert sur le mobile + un voisin référent qui passe physiquement. Convenez d’un signal simple (« si je ne réponds pas au 2e appel, tu viens »).
- Volets et confinement : si la personne ne peut pas fermer seule sa maison, le référent le fait en premier — avant son propre confinement s’il en a le temps, avec bon sens.
- Évacuation précoce : dès qu’un grand feu menace le secteur, on n’attend pas l’ordre pour mettre à l’abri une personne lente à déplacer — on part tôt, routes libres.
- Documents prêts : carte vitale, ordonnances, contacts famille dans une pochette près de l’entrée.
- Moteur : batterie de fauteuil chargée en permanence l’été + plan de portage (qui, comment, par où — un fauteuil ne passe pas partout). Véhicule adapté stationné en position de départ les jours à risque.
- Sensoriel : le 114 (SMS/visio) remplace le 112 ; FR-Alert vibre et s’affiche — vérifiez la compatibilité du téléphone. Pour les personnes aveugles, un référent décrit la situation et guide.
- Cognitif / psychique : préparez un scénario répété (« quand X vient te chercher, tu prends le sac rouge et tu le suis ») ; en crise, une seule consigne à la fois, formulée positivement.
- Signalez les besoins spécifiques au registre communal ET sur la porte du frigo (fiche SAMU) pour les secours.
- À l’école ou au centre de loisirs : les équipes appliquent le plan de mise à l’abri (PPMS). N’allez PAS les chercher pendant la crise sauf consigne — les embouteillages de parents sont un danger réel.
- À la maison : expliquez avant (le 112, la notification FR-Alert, « on écoute les adultes, on ne se cache pas »). En confinement, occupez-les loin des fenêtres ; en évacuation, un enfant = un adulte référent désigné.
- Bébés : kit dédié (lait, eau, couches pour 72 h), écharpe de portage — la poussette est vite inutilisable.
- Respiratoire (asthme, BPCO, insuffisance) : les fumées frappent à des kilomètres du feu. Confinement strict précoce, traitement de crise à portée, oxygène : bouteilles sécurisées et autonomie vérifiée — signalez-vous au registre et à votre prestataire.
- Traitements vitaux (dialyse, insuline, anticoagulants…) : 7 jours de médicaments dans le kit, ordonnances photographiées, et le réflexe d’emporter la glacière pour les produits au frais.
- Électro-dépendance (respirateur, lit médicalisé) : batterie de secours, inscription prioritaire au registre, plan B d’hébergement électrifié — les coupures accompagnent les grands feux.
- Domestiques : caisse de transport accessible (pas au fond du garage), laisse près du kit. En évacuation, un animal libre revient vers la maison : on l’attache ou on l’encaisse.
- Chevaux et bétail : évacuation TRÈS anticipée (bétaillère, réseau d’entraide) ou regroupement sur parcelle rase avec eau. Jamais enfermés en boxe ou bâtiment — un animal libre dans un enclos ras survit généralement au passage du feu.
- Identifiez vos animaux (puce, boucle) et signalez-les à la mairie en cas d’évacuation sans eux.
Aider sans se mettre en danger
- Le meilleur geste est précoce : sonner, appeler, aider à fermer, embarquer quelqu’un dans sa voiture — tant que la route est sûre.
- Quand le feu est là, on n’improvise pas un sauvetage dans les flammes : on signale précisément au 112 (« Mme X, 84 ans, seule, 12 chemin des Pins, mobilité réduite ») — c’est le geste qui sauve.
- Après la crise, les visites comptent autant : choc, fumées inhalées, traitements interrompus — voir soutien psychologique.
Le risque évolue chaque jour. Vos réflexes aussi.
Consultez la vigilance de votre département, suivez les feux en cours et signalez un départ de feu depuis l’application mobile Feux de Forêt.
